Le burn out parental? On en parle depuis 2015, il est trop tôt pour parler de  l’histoire de ce phénomène sociétal. En 120 ans, le travail a fait place au jeu, le sérieux au sourire, l’obscurité à la lumière. Peu de lieux en 1900 étaient réservés aux enfants alors qu’actuellement, ces endroits sont pléthore.

Si la mortalité infantile au 19ème siècle pour les enfants âgés de moins d’un an était de 18-20%, elle est de 3.3 pour mille en 2015. Le rapport à la mort de l’enfant a beaucoup évolué dans le temps également.

La notion de protection de l’enfant apparaît à la fin de l’Antiquité-début du Moyen-Age, même si l’enfant est porteur du “péché originel”. L’enfant fait son entrée dans la société comme état un être humain. Il est confronté à ce dilemme qui est de choisir entre ce qui est bien et ce qui est mal.

Souvenons-nous que l’accès à l’éducation fut d’abord réservé aux privilégiés, les groupes scolaires étaient hétérogènes.

Industrialisation

A l’époque de l’industrialisation (18-19ème siècle), l’état via le droit va prendre en main une série de problèmes liée à l’enfance : le travail des enfants, leur santé, la délinquance, ainsi que les enfants victimes.

Le travail des enfants

Les enfants ont historiquement toujours travaillé : avant la période industrielle, leur travail était saisonnier, adapté à la force humaine, et sous la responsabilité d’un adulte.

Avec l’industrialisation, le travail se fait en continu, avec l’apparition des machines, et les tâches confiées aux enfants sont spécifiques. Par exemple, un enfant, vu sa taille, a des facilités pour se faufiler dans les tunnels des mines… Au 19ème siècle en Belgique, les enfants travaillent entre 70-80 heures par semaine, travaillent la nuit, et connaissent l’insécurité.

Manifestement, ces enfants manquent de sommeil, de lumière, connaissent peu le soleil : leur santé est défaillante.

La santé des enfants

Les débats scientifiques apparaissent, l’alimentation des bébés pose question : faut-il privilégier l’allaitement? Le lait de vache? Les mettre en nourrice?

A la fin du 19ème siècle, l’allaitement maternel est favorisé, même si le questionnement se pose pour les femmes quant aux difficultés “liées à leur anatomie” pour certaines, à leur capacité d’allaiter lorsqu’elles travaillent du matin au soir…

L’éloignement dû à la mise en nourrice interpelle également : la mortalité infantile ainsi que l’aspect moral de cette démarche font débat en Europe.

L’alimentation au lait de vache finira par s’imposer parallèlement aux progrès des techniques de stérilisation du lait. La mortalité infantile se stabilise pour diminuer dès le début du 20ème siècles dans nos contrées.

Les enfants et la délinquance

L’enfant est considéré comme un “adulte en réduction”, est jugé au tribunal comme tout le monde. A partir du 19 ème siècle, la question du discernement se pose : l’enfant jugé est-il capable de faire la distinction entre le bien et le mal?

Pour autant, il bénéficiera d’une réduction de peine(par rapport à l’adulte), ou mis à la disposition du gouvernement et envoyé en maison de correction jusqu’à l’âge de 21 ans.

Peu à peu, les enfants seront séparés des adultes dans les établissements pénitentiaires, au sein desquels les projets pour ces enfants vont évoluer.

 L’enfant victime

Fin 19ème-début 20ème siècle, beaucoup de questions apparaissent sur les enfants : de la prostitution enfantine, en passant par les émotions faisant suite aux assassinats d’enfants, les violences sexuelles subies par les enfants (est-il consentant?)

Progressivement, le souhait est de responsabiliser la société par rapport aux parents qui ne font pas ce qu’ils devraient. La vision de l’enfant évolue : “Ils doivent être élevés dans une famille, la conviction que la façon dont se déroule l’enfance est déterminante pour l’adulte en devenir, et la prise de conscience croissante que l’enfance a des droits et des privilèges qui lui sont propres.”

Évolution

Dès 1889, le travail est interdit pour les enfants avant l’âge de 12 ans, le travail de nuit avant 16 ans quel que soit le sexe.

La loi de 1912 sur la protection de l’enfance se veut protectrice; un juge est nommé, qui peut prendre des décisions, et des mesures vis-à-vis des enfants. L’observation de l’enfant, du milieu dans lequel il vit sont prioritaires.

Le juge enquête, collabore avec le parquet, les délégués, les institutions, parfois les médecins. L’ONE (Œuvre Nationale de l’Enfance) est créée en 1919, qui place l’enfant au centre de ses préoccupations.

Droits de l’enfant

1924 : déclaration de Genève sur les droits de l’enfant

1958 : Déclaration des Droits de l’enfant

1989 : Convention internationale sur les droits de l’enfant

Ces différents textes confèrent des droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels aux enfants.

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