La lettre de Françoise Royer, une nouvelle sagesse de soi et en soi…

Mes chers amis,

Je vous écris depuis l’île de la Passivité où j’ai arrêté ma course il y a de ça environ 3 mois déjà. A dire vrai, je ne compte plus les jours dans cette partie du monde où le temps s’est arrêté. Mon seul repère est le soleil qui inonde chaque journée de sa lumière, les champs qui se colorent au rythme des saisons et les oiseaux qui chantent de l’aube au crépuscule. Cette île est bordée par le pacifique et c’est d’ailleurs le courant qui règne sur cette terre d’accueil, où j’ai été prise en charge lors de mon naufrage.

C’est un peuple incroyable que j’ai rencontré ici, plein de sagesse et de vie.

Bien sûr, tout est différent de ce que j’ai connu pendant longtemps et pourtant, il règne partout un je ne sais quoi de plus vivant, de plus confiant, de paisible, tout simplement.

C’est la jachère qui est mise à l’honneur pour rendre à la terre toute la fertilité que l’univers lui promet. Non loin de l’eau, différents espaces sont organisés pour le rêve. En s’y posant, le bruit des vagues et le clapotis de l’eau vous emmène en voyage, au pays des rêves, où renaissent tous les possibles, où germent les idées, où le plaisir de jouir du moment présent est une promesse pour l’avenir que l’on attend, insouciant.

Je peux me promener comme je veux, où je veux – et il en est ainsi de nous tous : il est laissé à chacun de faire ce qu’il pense bon. Les hommes et les femmes peuplant cette île sont des offrandes pour le monde, mue par leur désir rendu sacré.

Chacun a une grande conscience de l’autre et tout le monde se sent en sécurité. Le regard qu’ils avaient posé sur mon corps gisant a été bon et je comprends aujourd’hui pourquoi. En vivant comme eux, j’ai pris, moi aussi le temps de regarder et j’ai enfin vu. Il faut prendre le temps de voir les choses pour qu’elles osent se montrer. Regarder, c’est faire le vide en soi pour se laisser pénétrer par la présence de ce qui nous entoure, dans le monde visible et invisible. Cela m’a demandé d’ouvrir plus que mes yeux, mais également mon cœur.

On raconte ici que certains sages auraient déjà développé la télékinésie. L’art de la paresse aurait aguerri les plus non chalands à amener les objets à eux. Je me réjouis que nous n’ayons plus besoin de faire tant d’efforts quand nous souhaitons voir apparaître une chose. L’univers est donc un mystère qui comble celui qui ose demander et lâcher prise.

Je mets ce pli dans une bouteille en espérant qu’elle vous parviendra après avoir traversé les océans. Puisse les vents être favorables à ce bateau de verre qui conduit ma pensée jusqu’à vous.

Prenez tout le temps dont vous avez besoin pour lire cette lettre. La vie est un long chemin et l’univers vous invite au voyage par des sentiers parfois bien inattendus.

One Response to « Imaginez que vous vous donnez soudain le droit d’être furieusement heureux » Alexandre JARDIN

  1. Véronique dit :

    J’aime beaucoup le terme de « non chaland »… Je garde!

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